Comment devenir un grand homme, Partie 5: Gérer les échecs

18 octobre, 2012 18 octobre, 2012 par Johnny N Entrainement de Boxe, Entrainement Mental 7 Commentaires

Gérer les échecs

Nous sommes tous passés par là. Le sentiment de doute en soi, l’incertitude, la peur, la douleur, la confusion. Il a une minute j’étais tout excité d’être le plus grand combattant du monde. La minute suivante, je me demandais même si la boxe était vraiment quelque chose pour moi.

J’ai laissé tomber des milliers de fois. J’avais la haine de mon jab, de mon de jeu de jambes, j’avais même la haine de mon style de boxe. J’avais perdu toute confiance en mes propres capacités. Le sport dont j’étais tombé amoureux était devenu mon pire ennemi. J’étais dans tous mes états sauf complètement retiré de la boxe quand j’ai vu la lumière étinceler au bout du tunnel.

Au final : l’échec peut être la meilleure chose qui puisse vous arriver. LES FAITS: Beaucoup de gens accomplissent le gros succès APRES un échec.

Voila comment j’ai touché l’échec absolu en 6 mois de boxe…

 

1. L’excitation

Commencer la boxe, vivre le rêve…

Je dirais que tout échec commence avec l’excitation. Vous devez être excité à propos de quelque chose pour vraiment y « échouer ».

Mon premier jour de boxe a été un des jours les plus excitant de ma vie. Je n’avais jamais mis les pieds dans une salle de boxe et je pensais déjà  « Gars, tout le monde va être impressionné par ma puissance naturelle! » J’avais vu assez de Rocky et regardé assez combats. Je n’avais jamais boxé avant mais je ne me considérais certainement pas comme un débutant  Dans ma tête, je n’étais qu’à quelques mois du Bob & Weave de Mike Tyson.

Le premier jour d’entrainement n’aurais pas pu aller mieux. J’étais capable de suivre parfaitement toutes les instructions de mon entraîneur avec une forme parfaite. Le jab, le croisé, les crochets, les uppercuts, tous les jeux de jambes. Mon entraîneur m’a dit que ma technique était parfaite, et ma puissance et ma vitesse INCROYABLE. En considérant que d’autres combattants plus expérimentés me regardaient, j’étais en passe de devenir aussi bon que je l’avais imaginé.

J’étais impatient d’y retourner le jour d’après.  J’étais impatient d’acheter mes propres gants. J’avais accepté avec impatience ma nouvelle identité de boxeur. Pas n’importe quel boxeur, mais l’un des plus grand de tous les temps.

 

2. La prise de conscience

Perdre des combats, être embarrassé, réaliser que vous n’êtes pas aussi bon que vous le pensiez…

Tout le monde se fait humilié à un certain moment en boxe. Cela arrive parfois quand vous êtes montré du doigt par un vieil entraîneur , ou encore plus embarrassant- quand vous êtes battu par une fille. Mon moment d’humiliation est venu des mains de Rigoberto, un poids moyen de 20 ans. Il était le cousin d’un des pros de la salle et était facilement plus lourd que moi de 7-10kg. Mais pourtant, j’ai considéré que les paris étaient en ma faveur. Ce n’est pas que je le voyais comme un adversaire handicapé, c’est juste que j’avais la désillusion de penser que j’étais meilleur que lui. C’est pourquoi les gens vous disent que l’ego peut être la chose la plus dangereuse pour un homme.

J’ai débuté le premier round en contrôlant le centre et en poussant le rythme. Je le rattrapais et lui lançais plusieurs combinaisons de tout angle. Je ne touchais pas avec tout mais j’avais reussi connecté quelques coups et j’etais certainement le combattant le plus agressif. Il avait l’air perturbé par ma vitesse donc je lui en ai donné encore plus. Plus il était passif, plus je devenais confiant. Et plus mes punchs atteignaient leur cible, plus ma confiance gonflait comme un ballon d’air chaud géant.

Au second round, le ballon d’air chaud a explosé.  Il m’a laissé le chasser jusqu’aux cordes où il a tiré sa tête légèrement hors de ma droite et a risposté avec un énorme contre du droit. Quand je lançais un jab, il lançait un jab plus fort. Quand je bloquais son jab, sa droite arrivait autour de ma garde. Quand j’essayais de bloquer ses jabs et ses droites, son crochet gauche m’assommait les côtes. A un certain moment il a roulé sous mon énorme crochet et m’a lancé un petit direct du droit dans mon estomac. Mon corps a tremblé de douleur et je pensais que j’allais vomir.

Je ne me souvenais pas que c’était si douloureux dans le film Rocky. Je ne voulais plus du tout être Rocky; Je voulais me protéger. Je m’écroulais de peur pendant que Rigoberto glissait des gauches et des droites et roulait sous mes contres. Des crochets et des croisés mortels venait pour me punir de chaque jab manqué. Chaque coin exposé de ma tête était exploité immédiatement. Mes gants formaient un pauvre parapluie pour empêcher ses poings de me pleuvoir dessus.

Mon entraîneur en avait vu assez et a stoppé le match. Il a retiré mon casque et m’a dit me calmer. Il ne m’a pas dit si j’avais été bon ou pas. Il m’a juste dit « bien essayé ». Tout ce que j’avais entendu, c’était « c’est fini ». Beaucoup de gens regardaient ce match d’entrainement; dans la surprise du match déséquilibré (beaucoup d’entre eux étaient fans de mes premières combats). Mon petit frère était la pour me voir tuer ce dragon géant mexicain, mais à la place, il m’a vu me retiré au 2e round.

Et juste comme ça, mon ego s’est écrasé comme un avion de chasse en feu.

 

3. La fatigue

Etre fatigué de boxer, mentalement et physiquement…

J’ai commencé me fatiguer de la boxe. Je ne sais pas si c’était mentalement ou physiquement au début, mais ça a fini par être les deux. Mon corps prenait des blessures lancinantes. Mes épaules étaient les premières à se fatiguer et le bas de mon dos était raide. Je me sentais toujours handicapé pendant les matchs d’entrainement; j’avais toujours l’impression que j’aurais pu gagner si j’avais été à 100% de ma forme . Ce n’était pas seulement que je n’arrivais plus à venir à la salle prêt à 100% physiquement. Je n’étais aussi jamais 100% prêt mentalement.

Tout me saoulais. Quelque chose n’allait pas avec les gants, le casque était toujours trop lâche. Mes bandages aux mains et mes lacets de chaussures se défaisaient toujours. Je jure que l’univers avait conspiré pour me donner des maux d’estomac ou des crampes aux mollets avant chaque match d’entraînement. Bien que j’étais toujours un des combattant s’entrainant le plus dur à la salle, je n’avais plus la passion de boxer. Je m’entraînais parce que je le devais, pas parce que je le voulais. Parfois quand je perdais le compte de mes abdos, j’arrondissais au nombre supérieur et je finissais.

Le sparring, pour la première fois de ma vie, commençait à faire mal.

 

4. L’Insécurité

Le doute de soi, la confiance brisée…

Je détestais secrètement tout de mon style. Mon jab me fatiguait toujours le bras gauche. Mes mouvements de tête n’étaient jamais assez rapide. J’avais toujours la pire endurance et JE DETESTE DETESTE DETESTE quand quelqu’un esquive mon jab.

  • Quand mon adversaire esquivait mon punch, j’avais l’impression d’être trop lent.
  • Quand mon adversaire me frappait avec un punch,j’avais l’impression de ne pas avoir de menton.
  • Quand mon adversaire me surpassait sur le ring, j’avais l’impression de ne pas avoir d’endurance.
  • Quand mon adversaire mangeais mon punch et ripostait, j’avais l’impression de ne pas avoir de puissance.

Je n’étais peut-être pas fait pour être boxeur. Je ne serai peut-être jamais bon parce que je n’ai pas le talent naturel ou les gènes d’athlète. Plus je m’entraînais, plus je me sentais mal. Peut-être que la boxe n’est simplement pas pour moi.

 

5. Quitter

Les progrès lents, ne pas s’améliorer, sécher les entraînements…

Peu importait à quel point je m’entraînais dur, je n’arrivais tout simplement pas à être meilleur! Plus j’essayais dur, plus dur était l’échec. Tout se passait bien avec les mitaines mais jamais en sparring. J’allais encore faire les mêmes stupides erreurs, comme me laisser avoir par le même contre, et me faire battre par les mêmes personnes.

Ma patience a atteint ses limites quand j’ai vu des débutants devenir meilleur que moi. Cela fait vraiment mal de voir de voir des débutants faire des choses si naturellement sans qu’on leur ai appris. Ils avaient un si bon équilibre et une si bonne endurance malgré le peu d’entrainement! J’en suis arrivé à un point ou je ne voulais même plus ETRE sur le même ring que ces « débutants ».

J’ai commencé à sécher des jours entrainement et parfois des semaines à un moment. Je n’étais pas assez homme pour admettre à moi-même que je devais arréter la boxe. Je me suis simplement trouvé des excuses en me disant que j’étais trop occupé. L’école, le travail, les amis, la vie. Toute sortes de choses se mettent sur le chemin quand vous faites exprès d’évitez quelque chose.

Le plus grand de tous les échecs
est de ne jamais admettre que vous avez perdu.

 

 

L’échec est le commencement (de la grandeur), pas la fin

J’ai cru que quitter me plongerait dans le noir à tout jamais, que je n’arriverais plus jamais à atteindre ma grandeur du début, que je ne serais jamais à la hauteur de mes propres attentes. Mais en fait, j’ai réalisé l’inverse.

Il y a une lumière au bout du tunnel. Et si vous marchez vers cette lumière, vous découvrirez un nouveau soleil… un nouveau monde et une nouvelle vie. Vous commencez à réaliser qu’arrêter ne signifie pas la fin. En fait, c’est le début… d’un tout nouveau vous.

C’est cela qu’on appelle vraiment le succès : créer un tout nouveau vous, ENCORE et ENCORE et ENCORE et ENCORE, un million de fois. Et vous ne pouvez pas vraiment vous renouveler avant de quitter et d’abandonner l’ancien vous. Parce que la vérité c’est que vous n’étiez pas si bon que ça à la base. Et il faut réaliser à quel point vous êtes mauvais pour vous permettre de vous surpasser.

Vous devez réaliser à quel point vous êtes mauvais,
pour vous surpasser.

L’échec était l’une des meilleures choses qui pouvait m’arrivée. Je suis revenu un mois plus tard avec un objectif plus clair : devenir un meilleur boxeur pour moi-même. J’ai arrêté de me soucier de battre les autres, à avoir le punch le plus puissant, ou faire le plus d’abdos. Tout ce que j’ai fait, c’est d’écouter mon entraîneur et me mettre au travail. Pas de plaintes, pas de jugement de soi, pas d’ego. J’ai réappris toutes mes techniques de boxe et je suis devenu un des meilleurs boxeurs de la salle en moins de 10 semaines.

Alors allez-y : énervez-vous ET ARRETEZ. Renoncez à vous-même. Et alors revenez, et faites les choses bien et réussissez au delà de vos rêves les plus fous. J’ai renoncé à moi-même suffisamment de fois pour savoir que la façon dont je me sens n’a plus aucune importance. Ce qui importe, c’est ma technique, mon entrainement et ma stratégie. Dans mes mauvais jours, je me dis à moi-même, « tu es une merde » et je retourne directement à l’entraînement.

Maintenant c’est votre tour. Combien de fois avez-vous déjà arrêté?

 

Lisez les autres parties de la série:

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7 Commentaires

psy août 29, 2014 à 2:27

Juste un grand merci pour ce site, longue et bonne continuation.

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Debutant septembre 30, 2014 à 1:17

Merci beaucoup c’est vraiment bon à lire je te remercie beaucoup

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BronzeBomber janvier 11, 2015 à 4:28

Merci beaucoup pour ce site qui m’a tant aider et tres bel article !

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Paolo mars 1, 2015 à 7:05

Merci pour tes articles. Je n’avais jamais perdu (en boxe) jusqu’à la semaine passée et celle-ci. Lire les 5 articles « devenir un grand homme » m’a fait beaucoup de bien.

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Richard juin 5, 2015 à 1:49

Un énorme merci à toi! Continue d’alimenter ce très bon site pour l’amour de la boxe s’il te plaît.
Merci!

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Martino mars 15, 2016 à 8:55

Merci pour ces conseils, très motivant et enrichissant!
De simples phrases peuvent changer beaucoup de choses.

Avec tout mon soutien, bonne continuation 😉

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Gsbriel décembre 26, 2016 à 2:24

Merci pour tes conseils sur comment devenir un grand homme, force à toi !!!

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